16. octobre 2021

Prof Flora Chadaré au sujet des valeurs nutritionnelles du Baobab : « C’est le fruit le plus riche en vitamine C au monde »

chadare

Il y a aujourd’hui un regain d’intérêt pour les produits dérivés du baobab. Cela se justifie par les valeurs nutritionnelles des parties comestibles de l’espèce. Dans cette interview, Flora Chadaré, Maître de Conférences des Universités et Directrice de l’Ecole des Sciences et Techniques de Conservation et de Transformation des Produits Agricoles de Sakété, Université Nationale d’Agriculture, donne des précisions.

Professeur Chadaré, les populations raffolent depuis toujours des produits de baobab, notamment dans la partie septentrionale du pays. Y-a-t-il une raison à cet engouement ?

Tout à fait. Le baobab est une espèce à usages multiples doté entre autres de valeurs alimentaire et nutritionnelle. La pulpe de baobab communément appelée poudre de baobab est connue comme le fruit qui contient le plus de vitamine C au monde entier. Cette vitamine lui confère une capacité anti oxydante exceptionnellement élevée. En dehors de la pulpe, les feuilles contiennent beaucoup de minéraux et les graines des lipides de bonne qualité. C’est donc un arbre qui a une très grande valeur nutritionnelle.

Quels sont les usages que les populations en font beaucoup plus ?

Il y a quelques années, c’est-à-dire en 2006, nous avions fait un inventaire des produits dérivés du baobab retrouvés au Bénin. Nous en avions dénombré 35.  Dans certaines communautés, les feuilles sont très utilisées pour la préparation d’une sauce gluante très appréciée. La poudre de ces feuilles est aussi utilisée pour réaliser une sauce similaire. En milieu Otamari, la pulpe est utilisée avec de la farine de céréales pour préparer le « mutchayan ». C’est une pâte fermentée qui peut durer une semaine sans subir de dégradation. Lorsqu’on enlève la pulpe, il y a les graines. Elles servent par exemple à préparer une sauce dénommée « mantofaman ». De même, le décorticage des graines donne les amendes qui sont très prisées sur le marché. Nous avons constaté qu’avec le baobab, on pouvait faire également du tayohounta (similaire au afintin) qui est un assaisonnement qui remplace par moments les bouillons ou cubes aromatisés utilisés par les femmes. Avec le contenu du fruit mis dans l’eau, vous pouvez obtenir le nectar auquel on ajoute du sucre au besoin. C’est le savoir-faire des peuples qui se cache derrière cette diversité de produits.

Qu’est-ce que les travaux de recherche apportent de plus à cette dynamique en cours ?

Un certain nombre de paquets technologiques sont développés par la recherche et sont déjà accessibles. Des travaux ont été effectués pour optimiser le séchage des feuilles de baobab. Nous sommes partis du constat que le séchage se fait habituellement au soleil ou à l’ombre. Les feuilles sont exposées aux intempéries. Nous avons tenu compte de plusieurs paramètres pour rendre performant le matériel conçu et optimiser le séchage en 24h. Le mécanisme permet aussi de retenir les éléments nutritifs. C’est très important. Toujours au niveau des feuilles, avec l’une de nos étudiantes, Vanessa Idohou, nous avons développé plusieurs sauces prêtes à utiliser de baobab. Avec la promotion des femmes, elles ont de moins en moins de temps pour s’occuper de toutes les étapes de préparation des mets à la cuisine. La poudre assaisonnée de feuilles de baobab obtenue permet à ces femmes de gagner du temps et de bien s’occuper de leurs maris et du foyer.

Pour finir, est-il conseillé de combiner ces produits avec d’autres aliments comme le lait ?

 

La combinaison avec le lait n’a aucun problème. Dans le lait naturel, nous avons des micronutriments. L’apport de la vitamine C à travers la pulpe de baobab ne fera que booster la bioaccessibilité des micronutriments dans l’organisme.

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WAFRICLP est un programme de bourses conçu pour répondre à la nécessité de renforcer les capacités des femmes en matière de recherche, d’innovation et de politiques sur les changements climatiques en Afrique occidentale francophone. L’objectif global est de développer la capacité de leadership en matière de changements climatiques de 18 chercheuses, innovatrices et conseillères en politiques en début et en milieu de carrière en Afrique de l’Ouest francophone afin de faire progresser et d’appliquer les connaissances sur l’adaptation et la résilience aux changements climatiques.


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